Y a-t-il encore besoin de présenter AaRON ? Une ascension fulgurante depuis les 2 titres sur la BO du bouleversant Je Vais Bien Ne T'en Fais Pas les a propulsés sur le devant de la scène. Un succès mérité au vu de la qualité de leur 1er album Artificial Animals Riding On Neverland, et de leur prestations scèniques, où le duo était accompagné de Maéva au violoncelle, pour de nouvelles versions prenant une ampleur incroyable.
Autant vous dire que leur nouvel album, intitulé Birds In The Storm, était attendu avec impatience (en tout cas pour ma part), surtout vu le temps mis par le groupe pour le mûrir.
Le premier single à filtrer a d'abord été Rise. Nouveauté, pas de piano mais une guitare cette fois. Une guitare lasse, une voix lasse, sauf à un moment où celle-ci s'emballe un peu. Mais une chanson qui ne m'a clairement pas convaincu du tout.
Le deuxième single, intitulé Seeds Of Gold, revenait à une structure plus classique, avec un piano et une voix plus chantée que murmurée, et la traditionnelle boîte à rythme. Un morceau entraînant, avec un côté joyeux, chose rare pour le groupe, se finissant à la guitare. De quoi rassurer et laisser espérer un album du meilleur accabit (malgré la pochette qui est vraiment excécrable).
Je ne vais pas vous le cacher, pour moi cet album est une franche déception. Si j'apprécie la prise de risque d'avoir essayé de ne pas reproduire le 1er album, le nouvel album a dans l'ensemble trop perdu de ce qui faisait le charme du groupe. Trop de chansons seulement guitare / voix, qui sont d'une pauvreté sonore incompréhensible. Les seules chansons à s'en sortir sont celles où le piano est présent, souvent épaulé d'une boîte à rythme, la marque de fabrique du groupe. Arm Your Eyes par exemple est d'une beauté indiscutable. Après un début beaucoup trop lent et ennuyeux, Birds In The Storm montre une possibilité d'évolution bien plus intéressante, vers un côté plus rythmé, limite electro. The Lame Souls n'aurait pas dépareillé sur le 1er album, et Embers en clôture, malgré sa mélodie de chant rappelant énormément Endless Song du précédent opus, est touchante. Le reste ne m'a clairement pas convaincu.
Ce constat m'a donc un peu refroidi à aller voir le résultat sur scène, qui est pourtant leur terrain de prédilection. Les circonstances ont pourtant fait que je me suis rendu à leur dernier passage sur Bordeaux, un peu à reculons, mais n'espérant qu'une chose : que leur prestation rattrape le sentiment de déception prédominant à l'écoute de l'album.
Malheureusement là aussi, le cru 2010 est une très mauvaise cuvée. Fini le violoncelle de Maéva, maintenant AaRON se présente sur scène accompagné d'un groupe (batteur, bassiste et une fille tantôt guitariste, tantôt pianiste). Finie la féérie, la nouvelle formation, bien que cohérente pour certains nouveaux morceaux, est totalement superflue sur les anciens (je pense notamment à U Turn (Lili) qui perd tout son charme ainsi). D'autant plus que des erreurs rythmiques viennent encore plus gâcher la prestation. Non vraiment, rien ne viendra sauver AaRON. Même pas la setlist qui fait l'impasse sur Le Tunnel D'or notamment.
En résumé, AaRON version 2010 n'arrive pas à la cheville de son prédécesseur (avis purement personnel, d'après ce que j'ai vu sur le net les éloges sont nombreux, ce qui m'étonne). N'allez pas dépenser de l'argent pour aller les voir sur scène, autant vous repasser les cds, ça coûte moins cher et c'est plus réussi.

1 commentaires:
Bon ben me voilà fixé. N'ayant pas du tout écouté cet album depuis sa sortie, je pense rester sur la bonne impression de Artificial Animals Riding On Neverland (dont je viens de comprendre le titre...).
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